Le système de
récompense du cerveau humain chez les
humains
Le système de récompense est un
système fonctionnel cérébral localisé dans
le cerveau moyen (mésencéphale). Ce système
est nécessaire à la survie car il fournit la
motivation nécessaire à la réalisation
d'actions ou de comportements bénéfiques
visant à préserver l'espèce ou l'individu
(recherche de nourriture, reproduction,
évitement de dangers,...).
On sait très bien que le
tabac, l'alcool, la cocaïne, l'héroïne et
bien d'autres drogues dont la prise répétée
est susceptible d'engendrer, chez l'humain,
une dépendance (une servitude) ont en commun
la faculté d'augmenter les quantités de
dopamine dans une zone du cerveau
qualifiée de "circuit récompense". La
dopamine est un neuromédiateur, c'est-à-dire
d'un médiateur chimique qui assure le
passage de l'influx nerveux entre les
neurones.
En
fait, « notre cerveau, nos neurones, sont de
véritables usines chimiques. Ils
synthétisent des substances, les
transportent, les utilisent comme moyen de
transmission pour l’information, les
dégradent, les recyclent, les captent, les
évacuent. Notre cerveau est habitué aux
drogues, il en est bourré, il en fabrique,
il en sécrète. C'est dire que lui en
apporter de l'extérieur risque toujours de
perturber les fragiles équilibres qu'il
parvient à maintenir entre toutes ces
substances. Et les corps chimiques, au bout
du compte, sont ce qui fait que
l'environnement et ses influences est traité
comme perception et enregistré comme
souvenir ».
Chaque être humain, de fait,
fabrique sa propre morphine interne, ou
endorphine (contraction des termes
"morphine" et "endogène"). Il s'agit en fait
d'une trentaine de substances euphorisantes
et anesthésiantes actuellement identifiées
chez l'homme et l'animal. « Elles sont
présentes dans le système nerveux (aussi
bien au niveau de la moelle épinière que
dans différents sites du cerveau, hypophyse,
hypothalamus, etc.) ainsi que dans les
organes (système digestif, reins, poumons,
organes sexuels... ). Elles ressemblent à
l'opium, ou copies de nos substances
internes, et leur efficacité dépend de leur
fidélité aux modèles. Les endorphines sont
des neuromédiateurs (molécules signal,
messagers chimiques) qui permettent à
l'organisme de préserver son équilibre. Tout
stress, toute situation exigeant de rester
en alerte, entraîne une augmentation de
notre sécrétion d'endorphines. Et cet apport
procure un plaisir, réconforte, calme la
douleur et l'angoisse... ».
Le
stress, en effet, se traduit, lui aussi, par
une activité neurochimique intense dans
laquelle interviennent - entre autres - des
neuromédiateurs comme l'adrénaline et la
dopamine. On peut ainsi penser que
l'individu "accro" au jeu, au travail ou aux
activités dangereuses recherche des
situations dans lesquelles son cerveau est
inondé par ces drogues endogènes, calmantes
et excitantes.
La découverte des
endorphines s'est faite à partir d'études
sur l'action de la morphine dans le cerveau.
« Le raisonnement des chercheurs des années
70 était le suivant : puisque les neurones
cérébraux captent la morphine (avec les
effets analgésiques que l'on sait), le
cerveau sécrète peut-être en lui même, pour
son propre compte, des substances voisines
». C'est ainsi qu'en 1976 des neurochimistes
isolèrent des substances qui furent d'abord
baptisées "opioïdes" ("ressemblant à
l'opium") car leur conformation moléculaire
était similaire à celle des opiacés
(morphine et héroïne) extraits du pavot
d'Orient. La nicotine du tabac, ainsi que
les calmants, stimulants, hallucinogènes,
etc. (et même la nourriture, ou l'exercice
physique) stimulent directement la
production de dopamine (ou, ce qui revient
au même : empêchent sa dégradation dans le
cerveau).
En fait, cette molécule -
sécrétée par un petit nombre de neurones
(les neurones "dopaminergiques" ne
représentent guère plus de 0,3% des cellules
du cerveau) - intervient dès lors qu'il est
question de désir et de plaisir.
Pour de nombreux biologistes, elle est
au coeur de ce qu'on appelle "les
comportements de dépendance".
« Nous avons tous dans le cerveau des
circuits neuronaux dopaminergiques, ou
d'autres, qui renforcent les comportements
qui nous procurent du plaisir. Le cerveau
favorise donc naturellement les conduites
qui nous amènent à modifier notre état de
conscience, à rechercher l'euphorie.
En
fait, toute expérience qui procure du
plaisir - déguster un carré de chocolat,
faire l'amour, apprécier un morceau de
musique, gagner au jeu… - se traduit par une
décharge de dopamine ». C'est pourquoi la
dopamine est souvent appelée "messager du
plaisir". « En procurant du plaisir, le
système dopaminergique renforce les
comportements favorables à la survie de
l'espèce, tels que l'acte sexuel ou la prise
de nourriture ».
La dopamine a
un rôle plus complexe que celui de simple
messager du plaisir: sa libération peut être
déclenchée par la seule présence d'une
récompense. Aussi, lorsque la consommation
visuelle d'images érotiques ou
pornographiques est jumelée à la
masturbation, (l'orgasme sexuel étant
lui-même un puissant générateur de dopamine)
le consommateur se trouve piégé et développe
une dépendance à la pornographie, qui
est un trouble à caractère psychologique
entraînant un besoin plus ou moins important
d'assister à des scènes pornographiques (ou
de réaliser l'acte sexuel) afin de calmer
ses pulsions sexuelles en atteignant
l'orgasme.
La
pornographie joue-t-elle un rôle dans les
dépendances sexuelles?
La pornographie associée à l'habitude de se
masturber est souvent la pierre d'angle des
dépendances sexuelles. Beaucoup de
dépendants sexuels ont de grandes
difficultés à se libérer de cette
combinaison de comportements. La
pornographie et ses fantasmes créent un
monde irréel que les dépendants sexuels
traversent pendant leur adolescence. Cela se
développe ensuite et crée un objet
relationnel qui conditionne leurs émotions
et leur sexualité de telle sorte qu'ils
éprouvent du plaisir ainsi des centaines de
fois avant d'avoir une relation sexuelle
avec une personne réelle.